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Édition 2020 du Prix Marc-Vivien Foé
Le jeune Nigérian Victor Osimhen élu joueur africain de l'année en Ligue 1

Le nigérian Victor Osimhen

 

Victor Osimhen, attaquant du Losc est désigné par Rfi et France 24, lauréat du prix Marc-Vivien Foé. Ce trophée récompensant le meilleur joueur africain de Ligue 1 lui est le 29 juin 2020. Au classement, il devance l’Algérien Islam Slimani de Monaco et le Marocain Yunis Abdelhamid du Stade de Reims.

RFI et France 24, les organisateurs du prix Marc-Vivien Foé, récompensant le meilleur joueur africain de Ligue 1 de la saison, ont annoncé le lauréat de l'année mitigée 2020. Le lauréat est le jeune buteur nigérian de Lille Victor Osimhen.
« Le jury est composé de près de 79 journalistes et autres spécialistes du football français et africain issus de tous les médias (radio, télévision, presse écrite, Internet) », précisent les organisateurs dans un communiqué.
Au terme d'un exercice influencé par la crise sanitaire liée à la Covid-19, les performances du Lillois Victor Osimhen n'ont laissé aucune place au suspense. Le buteur nigérian a remporté l'édition 2020 du Prix Marc-Vivien Foé.
L'attaquant, natif de Lagos est auteur de 13 buts en Championnat. Il succède ainsi à un autre Lillois, l'Ivoirien Nicolas Pépé, parti l'été dernier à Arsenal. Il devient ainsi le plus jeune lauréat du trophée. Il recevra le Prix Marc-Vivien Foé, six ans qu’un autre Nigérian, également Lillois Vincent Enyeama avait été sacré.
À 21 ans, le super Eagle du club nordiste décroche sa toute première distinction individuelle assez largement (284 pts), devançant l'Algérien de l'AS Monaco Islam Slimani (95 pts) et le Marocain du Stade de Reims Yunis Albelhamid (89 pts).
Le jeune nigérian est aussi le sixième joueur de Lille à obtenir ce trophée, confirmant un peu plus l'expertise du club nordiste en matière de recrutement de perles africaines.

De la galère à Lagos à la reconnaissance mondial
Benjamin d'une fratrie de sept enfants, c'est au pied d'Olusosun, l'immense décharge de Lagos, que le futur attaquant du Losc grandit. Gamin, il accompagne sa mère au milieu des interminables bouchons du trafic automobile pour y vendre quelques sachets d'eau et obtenir de quoi manger.
Un quotidien déjà difficile qui se complique plus encore, quelques années plus tard, au décès de sa mère. Une situation aggravée par la perte de l’emploi de son père. Selon les dires même du joueur, la famille n'a pas le choix et doit "se serrer les coudes" pour s'en sortir. À l’opposé de Andrew, son grand frère également porté sur le football, qui tire un trait sur ses rêves de carrière pour aller vendre des journaux, Victor conserve cet objectif dans un coin de la tête, même s'il passe l'essentiel de son temps à travailler.
Quelques années plus tard, son histoire prend un tournant crucial. Comme des milliers de jeunes à l'époque, l'adolescent est mis à l'essai alors que le Nigeria prospecte afin de garnir les effectifs de ses sélections nationales de jeunes. Emmanuel Amunike, légende du football nigérian et sélectionneur des moins de 17 ans des Super Eagles, se laisse convaincre par le talent du jeune homme et décide de l'emmener disputer la Coupe d'Afrique des nations de sa catégorie d'âge.
À la CAN-2015 des moins de 17 ans (U17), Victor Osimhen y marque à quatre reprises et termine meilleur buteur de la compétition. En toute logique, il poursuit l'aventure avec Amunike. Il dispute la Coupe du monde U17 et y marque dix buts – un record – qui permet à Osimhen de hisser les jeunes Nigérians sur le toit du monde. Le prodige attire les regards aux quatre coins de l'Europe.

L'échappée belge après la parenthèse Allemande
Wolfsbourg tire le gros lot en faisant signer le pensionnaire de l'Ultimate Strikers Academy, au début de l'année 2017, après avoir établi un précontrat dès 2016. La jeune recrue, miné par les blessures et une adaptation compliquée en Allemagne, ne parvient pas à s'imposer, ni même à obtenir un temps de jeu significatif. À peine une quinzaine de bouts de matches.
Après dix-huit mois très discrets, entre 2017 et 2018, du côté de Wolfsburg en Allemagne, celui qui avait été meilleur buteur et deuxième meilleur joueur d’une Coupe du monde 2015 des moins de 17 ans gagnée avec le Nigeria est proposé en prêt à plusieurs clubs belges. Osimhen atterrit alors à Charleroi, en manque de confiance et à court de forme.
L'opération a tout d'un pari risqué. Mais en à peine trois semaines, le joueur parvient finalement à renverser la tendance. Dès les premières joutes de la Jupiler League, l'évidence saute aux yeux : le club belge a flairé le bon coup.
Osimhen récupère rapidement l'essentiel de sa condition physique et, dès septembre, il s'impose au sein du 11 titulaire pour ne plus le quitter. Son bilan en fait l'un des artificiers les plus en vue de son championnat, avec 19 buts inscrits sur la saison 2018/19.
L'option d'achat négocié par Charleroi lors du prêt du joueur est alors levée sans surprise l'été suivant. Le club belge s'acquitte des 3,5 millions d'euros demandés alors par Wolfsbourg et revend le joueur dans la foulée à Lille, en échange d'un chèque d'une quinzaine de millions d'euros.

Le coup de flaire de Lille
Dès son premier match, face au FC Nantes, Osimhen signe un doublé pour l'ouverture de la Ligue 1. Puis face à Saint-Étienne, deux journées plus tard, même tarif. Les débuts sont tonitruants, et le bilan de fin de saison, même tronqué par la crise sanitaire liée au Covid-19, confirme la tendance (13 buts et 4 passes décisives en 27 matches).
Convaincant sur la pelouse, le joueur fait aussi l'unanimité en dehors. L'ancien médecin du Losc Patrick Flamant, évoque par exemple un garçon "très déterminé" et "toujours dans les clous". "On a l'impression que rien d'autre que le football n'existe à côté", explique-t-il. Cette passion semble avoir conquis les supporters lillois, qui l'ont élu "Dogue de la saison", le 2 juin dernier. Un "chouchou" du public qui, même endeuillé par le décès de son père quelques jours plus tôt, n'a depuis pas manqué de réaffirmer son amour pour le club.
Et, déjà, les offres s'amoncellent sur le bureau des dirigeants lillois. Naples, Liverpool, et d'autres grands noms du football européen semblent disposés à casser leur tirelire – entre 40 et 80 millions d'euros – pour s'offrir les services du Nigérian. De l'aveu même du président du Losc, le "large éventail" de candidats proviendrait de "trois championnats" différents.


Comprendre le processus de désignation du lauréat
Le Prix Marc-Vivien Foé ne concerne que les joueurs de Ligue 1 qui défendent les couleurs d'une équipe nationale africaine. Soixante-dix-neuf personnes – journalistes, consultants, anciens joueurs, etc. – ont voté pour l'édition 2020. Chaque juré devait choisir trois joueurs. Le premier choisi recevait 5 ponts, le 2e 3 points, et le 3e 1 point.

 Yêdafou KOUCHÉMIN, Préférence Magazine, Mercredi 1er Juillet 2020

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