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RFI et France 24, les
organisateurs du prix
Marc-Vivien Foé, récompensant le
meilleur joueur africain de
Ligue 1 de la saison, ont
annoncé le lauréat de l'année
mitigée 2020. Le lauréat est le
jeune buteur nigérian de Lille
Victor Osimhen.
« Le jury est composé de près
de 79 journalistes et autres
spécialistes du football
français et africain issus de
tous les médias (radio,
télévision, presse écrite,
Internet) », précisent les
organisateurs dans un
communiqué.
Au terme d'un exercice influencé
par la crise sanitaire liée à la
Covid-19, les performances du
Lillois Victor Osimhen n'ont
laissé aucune place au suspense.
Le buteur nigérian a remporté
l'édition 2020 du Prix
Marc-Vivien Foé.
L'attaquant, natif de Lagos est
auteur de 13 buts en
Championnat. Il succède ainsi à
un autre Lillois, l'Ivoirien
Nicolas Pépé, parti l'été
dernier à Arsenal. Il devient
ainsi le plus jeune lauréat du
trophée. Il recevra le Prix
Marc-Vivien Foé, six ans qu’un
autre Nigérian, également
Lillois Vincent Enyeama avait
été sacré.
À 21 ans, le super Eagle du club
nordiste décroche sa toute
première distinction
individuelle assez largement
(284 pts), devançant l'Algérien
de l'AS Monaco Islam Slimani (95
pts) et le Marocain du Stade de
Reims Yunis Albelhamid (89 pts).
Le jeune nigérian est aussi le
sixième joueur de Lille à
obtenir ce trophée, confirmant
un peu plus l'expertise du club
nordiste en matière de
recrutement de perles
africaines.
De la galère à Lagos à la
reconnaissance mondial
Benjamin d'une fratrie de sept
enfants, c'est au pied
d'Olusosun, l'immense décharge
de Lagos, que le futur attaquant
du Losc grandit. Gamin, il
accompagne sa mère au milieu des
interminables bouchons du trafic
automobile pour y vendre
quelques sachets d'eau et
obtenir de quoi manger.
Un quotidien déjà difficile qui
se complique plus encore,
quelques années plus tard, au
décès de sa mère. Une situation
aggravée par la perte de
l’emploi de son père. Selon les
dires même du joueur, la famille
n'a pas le choix et doit "se
serrer les coudes" pour s'en
sortir. À l’opposé de Andrew,
son grand frère également porté
sur le football, qui tire un
trait sur ses rêves de carrière
pour aller vendre des journaux,
Victor conserve cet objectif
dans un coin de la tête, même
s'il passe l'essentiel de son
temps à travailler.
Quelques années plus tard, son
histoire prend un tournant
crucial. Comme des milliers de
jeunes à l'époque, l'adolescent
est mis à l'essai alors que le
Nigeria prospecte afin de garnir
les effectifs de ses sélections
nationales de jeunes. Emmanuel
Amunike, légende du football
nigérian et sélectionneur des
moins de 17 ans des Super
Eagles, se laisse convaincre par
le talent du jeune homme et
décide de l'emmener disputer la
Coupe d'Afrique des nations de
sa catégorie d'âge.
À la CAN-2015 des moins de 17
ans (U17), Victor Osimhen y
marque à quatre reprises et
termine meilleur buteur de la
compétition. En toute logique,
il poursuit l'aventure avec
Amunike. Il dispute la Coupe du
monde U17 et y marque dix buts –
un record – qui permet à Osimhen
de hisser les jeunes Nigérians
sur le toit du monde. Le prodige
attire les regards aux quatre
coins de l'Europe.
L'échappée belge après la
parenthèse Allemande
Wolfsbourg tire le gros lot en
faisant signer le pensionnaire
de l'Ultimate Strikers Academy,
au début de l'année 2017, après
avoir établi un précontrat dès
2016. La jeune recrue, miné par
les blessures et une adaptation
compliquée en Allemagne, ne
parvient pas à s'imposer, ni
même à obtenir un temps de jeu
significatif. À peine une
quinzaine de bouts de matches.
Après dix-huit mois très
discrets, entre 2017 et 2018, du
côté de Wolfsburg en Allemagne,
celui qui avait été meilleur
buteur et deuxième meilleur
joueur d’une Coupe du monde 2015
des moins de 17 ans gagnée avec
le Nigeria est proposé en prêt à
plusieurs clubs belges. Osimhen
atterrit alors à Charleroi, en
manque de confiance et à court
de forme.
L'opération a tout d'un pari
risqué. Mais en à peine trois
semaines, le joueur parvient
finalement à renverser la
tendance. Dès les premières
joutes de la Jupiler League,
l'évidence saute aux yeux : le
club belge a flairé le bon coup.
Osimhen récupère rapidement
l'essentiel de sa condition
physique et, dès septembre, il
s'impose au sein du 11 titulaire
pour ne plus le quitter. Son
bilan en fait l'un des
artificiers les plus en vue de
son championnat, avec 19 buts
inscrits sur la saison 2018/19.
L'option d'achat négocié par
Charleroi lors du prêt du joueur
est alors levée sans surprise
l'été suivant. Le club belge
s'acquitte des 3,5 millions
d'euros demandés alors par
Wolfsbourg et revend le joueur
dans la foulée à Lille, en
échange d'un chèque d'une
quinzaine de millions d'euros.
Le coup de flaire de Lille
Dès son premier match, face au
FC Nantes, Osimhen signe un
doublé pour l'ouverture de la
Ligue 1. Puis face à
Saint-Étienne, deux journées
plus tard, même tarif. Les
débuts sont tonitruants, et le
bilan de fin de saison, même
tronqué par la crise sanitaire
liée au Covid-19, confirme la
tendance (13 buts et 4 passes
décisives en 27 matches).
Convaincant sur la pelouse, le
joueur fait aussi l'unanimité en
dehors. L'ancien médecin du Losc
Patrick Flamant, évoque par
exemple un garçon "très
déterminé" et "toujours dans les
clous". "On a l'impression que
rien d'autre que le football
n'existe à côté", explique-t-il.
Cette passion semble avoir
conquis les supporters lillois,
qui l'ont élu "Dogue de la
saison", le 2 juin dernier. Un
"chouchou" du public qui, même
endeuillé par le décès de son
père quelques jours plus tôt,
n'a depuis pas manqué de
réaffirmer son amour pour le
club.
Et, déjà, les offres
s'amoncellent sur le bureau des
dirigeants lillois. Naples,
Liverpool, et d'autres grands
noms du football européen
semblent disposés à casser leur
tirelire – entre 40 et 80
millions d'euros – pour s'offrir
les services du Nigérian. De
l'aveu même du président du
Losc, le "large éventail" de
candidats proviendrait de "trois
championnats" différents.
Comprendre le processus de
désignation du lauréat
Le Prix Marc-Vivien Foé ne
concerne que les joueurs de
Ligue 1 qui défendent les
couleurs d'une équipe nationale
africaine. Soixante-dix-neuf
personnes – journalistes,
consultants, anciens joueurs,
etc. – ont voté pour l'édition
2020. Chaque juré devait choisir
trois joueurs. Le premier choisi
recevait 5 ponts, le 2e 3
points, et le 3e 1 point.
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